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La CP-CNU interroge les candidat.e.s à la présidentielle 2017

Le bureau de la CP-CNU a adressé aux candidats à la présidentielle 2017 le courrier ci-dessous. Les réponses seront indiquées à la suite du texte et déposées à la rubrique document/courrier.

 

Vous présentez votre candidature à l’élection présidentielle qui aura lieu en avril et mai 2017. Par conséquent, votre projet pour la France prend en considération le service public d’Enseignement Supérieur et de Recherche (ESR), en particulier son financement, son organisation, le devenir des diplômés et, plus généralement, sa place au sein de la société.

Le Conseil national des universités (CNU), instance nationale régie par le décret du 16 janvier 1992, est en charge des différentes missions concernant la carrière des enseignants-chercheurs.

Le bureau de la commission permanente du CNU souhaiterait être informé de vos intentions en matière d’ESR et plus particulièrement de vos propositions sur les points suivants :

  • La valorisation et l’attractivité du métier d’enseignant-chercheur ;
  • Le placement de nos jeunes docteurs et une meilleure reconnaissance du diplôme de doctorat ;
  • La qualification aux fonctions de professeur des universités et de maître de conférences ;
  • Le suivi de carrière des enseignants-chercheurs ;
  • La suite à donner aux différentes lois : Loi de programmation de la recherche (2006), loi LRU (2007) et loi ESR (2013) ;
  • Les conditions d’évolution de carrière des personnels de l’ESR qui, depuis plusieurs années, se dégradent fortement (notamment baisse du nombre de CRCT) en raison des restructurations incessantes (PRES, COMUE, fusions, etc.), de la compétition (ANR, PIA, etc.) et des budgets qui stagnent alors que la population étudiante augmente.

Ce courrier a été adressé à : Nathalie ARTHAUD, François ASSELINEAU, Jacques CHEMINADE, Nicolas DUPONT-AIGNAN, François FILLON, Benoît HAMON, Jean LASSALLE, Marine LE PEN, Emmanuel MACRON, Jean-Luc MELENCHON, Philippe POUTOU

 

Réponse de Nathalie ARTHAUD, reçue le 17 mars 2017

            En réponse à vos questions sur le service public d'Enseignement Supérieur et de Recherche je vous dirais d'abord qu'il ne me paraît ni possible, ni souhaitable, de mener sérieusement une réflexion par exemple sur « la valorisation et l'attractivité du métier d'enseignant?chercheur » ou « une meilleure reconnaissance du diplôme de doctorat » sans exiger, au préalable, que l'État consacre à l'enseignement les sommes nécessaires.

            Je ne répondrais pas dans le détail à chacune de vos interrogations. Mais je prendrai l'exemple de la loi LRU qui me paraît bien révélatrice. Sous prétexte de rendre les établissements « autonomes », la loi relative aux Libertés et Responsabilités des Universités (dite aussi loi Pécresse), adoptée en 2007 sous le gouvernement Fillon-Sarkozy a tout simplement dépouillé du financement public nécessaire, les 83 universités du pays.

            Quelques années après que cette loi soit entrée en vigueur, certaines universités sont incapables de boucler leur budget et placées sous tutelle publique, d'autres font face à de graves difficultés financières.

            Et si cette loi n'a pas été remise en cause par le gouvernement de Hollande, c'est que le mot d'ordre de tous les gouvernements, c'est de faire des économies. Car les caisses publiques sont vides. Mais si elles sont vides c'est qu'ils les ont mises au service du grand patronat.

            Les banques ont été sauvées par les deniers publics de la catastrophe qu'elles avaient déclanchée en spéculant en 2007-2008. Les grands groupes de l'industrie ou du commerce ont été également servis par toute une série de mesures d'exonérations fiscales ou de subventions directes pour les aider à développer leurs profits. Au final il y a dans ce pays 9 millions de pauvres et les profits des entreprises du CAC 40 dépassent pour 2016 les 75 milliards d'euros (dont les ¾ iront pour les actionnaires). Pas étonnant qu'en cette période de restrictions budgétaires 21 milliardaires possèdent autant que 25 millions d'habitants.

            Alors, il n'est pas surprenant que la question centrale des moyens, financiers et humains, accordés à l'éducation, comme à l'enseignement supérieur est une question cruellement absente des politiques gouvernementales.

            Car au-delà de tous les prétextes fallacieux invoqués pour justifier les différentes « réformes » entreprises depuis des années, leur seule motivation véritable tient à la volonté gouvernementale de diminuer l'investissement de la collectivité dans le domaine éducatif. On nous abreuve de la « réforme des collèges », ou des « rythmes scolaires » ou de « mixité sociale » ou « de liberté et d'autonomie »  pour faire passer en contrebande les fermetures de classes, les fermetures de collèges, la diminution des postes quand ce n'est pas la précarité comme c'est le cas en particulier dans l'enseignement supérieur.

            Pour illustrer cette précarité, les syndicats de l'enseignement supérieur en sont réduits à réclamer que si un CDD a été jugé comme compétent pendant 6 ans, il doit logiquement être prolongé en CDI... 6 ans !!!!

            Alors je comprends parfaitement que ceux-ci se sont associés à la journée mondiale d'action contre la précarité dans l'enseignement supérieur et la recherche organisée Le 15 mars.

            Mais il faudra une mobilisation bien plus importante et générale pour revenir sur tous ces reculs et faire en sorte que l'éducation passe avant les dividendes des actionnaires.

            Sur les problèmes de l'éduction, comme dans cette élection, le problème n'est pas de savoir à quelle sauce nous devons être accommodés, et par qui ? Le problème est de choisir entre les intérêts d'une minorité et les besoins de l'immense majorité.

            Je ne vous ferai pas un inventaire de promesses contrairement à la plupart des candidats qui s'empresseront de les oublier au lendemain de cette élection. Si je me présente c'est  pour faire entendre les exigences du monde du travail en matière de salaire et d'emploi, et pour dénoncer la nuisance que représentent les grands groupes capitalistes pour la société, dont la politique des différents gouvernements en matière d'Education est bien révélatrice.

Recevez mes salutations syndicalistes,

Nathalie Arthaud

 


CP-CNU

La Commission permanente du Conseil national des universités (CP-CNU) regroupe les membres des bureaux des sections du Conseil national des universités (CNU).

Elle veille à favoriser la coopération entre les champs disciplinaires. Elle veille également à ce que les critères et les procédures mis en œuvre par le CNU prennent en compte l'ensemble des activités des enseignants-chercheurs ainsi que la diversité des champs disciplinaires.

La CP-CNU est composée de l'assemblée des bureaux de section du CNU. Des représentants du groupe des disciplines pharmaceutiques du conseil national des disciplines médiales, odontologiques et pharmaceutiques siègent à la CP-CNU en qualité de membres associés, avec voix consultative.

Peuvent être invités à participer à ses travaux, sans voix délibérative, les représentants d'autres instances représentatives d'enseignants-chercheurs.

Le président de la CP- CNU est élu par les membres de la commission. Il est élu pour la durée du mandat du CNU.

Des groupes de travail peuvent être constitués par le bureau s'il les juge nécessaire à l'accomplissement de ses missions ou au bon fonctionnement du CNU.

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